• Perte

     

    On pourrait dire que mon cœur s’est stoppé net. Pourtant il battait si fort que je n’entendais que ça. Sa voiture était dans un état épouvantable. Les vitres brisées, la carrosserie bosselée, pas un endroit n’était lisse. Devant ce chao, un brouillard nocturne se levait, me séparant d’elle. J’avais si peur, que je ne pouvais bouger, paralysé. Je ne supportais pas l’idée de pouvoir la perdre. Je m’approchai rapidement. La vision me fut inacceptable. Sa tête contre le volant, sans connaissance. Les ténèbres ne cachaient pas tout ce sang et ses ecchymoses. J’aurais voulu que tout cela n’arrive pas. Je posai mes mains tremblantes sur la poignée de porte. Tira, vainement. Mon cœur alors se remit à battre normalement. Ce qui me parut éternité ne dura que quelques secondes. Je fus serein. Concentré, sur mon but. Une bouffée de chaleur sortie de mon estomac, brûlant tout au passage. Me donnant la force, cette force animale, dont j’avais besoin. Et toute cette rage contre le monde sortit en une fraction de seconde. Avec mes espoirs je tirai sur cette porte et avec vos espoirs elle céda. J’étais maître de tout. Fou à lier. Fou de cette fille. Hurlant de désespoir tel une bête perdue, je la sortie de cette tombe. Là dans mes bras, le visage paisible, comme endormie, elle semblait en sécurité. Je la serrais de  peur qu’elle tombe dans un gouffre si profond. J’avais peur de la perdre, de ne plus la retrouver. Son sang réchauffait mes bras nus. Ma gorge se serra. Mon souffle se coupa. J’étouffais. Des larmes roulèrent timidement sur mes joues tirées par un sourire triste. Des sirènes brisèrent le silence qui me tuait, les phares percèrent l’obscurité. Mes rêves d’avenir avec elle, me tenaient debout. Mais je me sentais défaillir. Je la sentais plonger, la tête la première. Je la sentais s’envoler avec la brise fraîche qui court dans ses cheveux. Je me sentais l’abandonner. Je me sentais faible et vulnérable. Je ne sentais plus son cœur battre contre le mien. Je sentais juste qu’ils me l’enlevaient. Je sentais la terre froide contre ma peau. Je me sentais voler. Des portes claquer. Une voix au loin. Pas la sienne. Puis plus grand-chose. J’attends toujours qu’elle me revienne.

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 9 Mai 2014 à 12:56

    Joli texte. Un sujet puissant, pourtant j'ai l'impression que les mots ne suivent pas assez...

                                                                                                                                                  -Alix

    2
    Vendredi 9 Mai 2014 à 15:55
    Nope. Je suis plutot mecontente de ce texte.
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