• N'aie plus peur du noir.

     

      

    Hurlant en silence son propre chant de misère, un monstre est prisonnier de son cauchemar.

    Il traînait ses lourdes pattes contre le sol qui craquait à chacun de ses pas. Le parquet hurlant et était le seul bruit qui émanait de cet appartement. Le silence lui était pesant et pour combler ce vide il soupirait de désespoir. Il avait oublié depuis bien longtemps son chant qui lui valut toutes les attentions. Toutes ses attentions qui lui avait apporté misère après gloire. On l’avait appelé monstre. On l’avait enfermé là, les portes et fenêtre cloisonnées de l’extérieur. Seul et dans une quasi obscurité il passait ses journées à passer son corps a travers les filets de lumière que laissait échapper les écarts entre les planches de bois. Il était prisonnier des humains, son cauchemar.

     

    Il est un tyran cherchant un peu d’air, pourquoi l’a-t-elle laissé sans un regard ?

    Sur son balcon, le monde à ses pieds. Un tyran pleurait. La force qu’il dégageait de lui devenait, de larmes en larmes les malheurs du monde. Quand les états d’âme d’un seul homme pouvaient changer le destin d’un million d’autre, on se gardait bien de faire quelconques remarques quand celui-ci réclamait un peu d’air meilleur. Au milieu de la peine il se demandait pourquoi secrètement et se refusait de laisser les doutes planer dans son esprit. Les cheveux perdus dans le vent, sanglots envolés, il retourna à son règne sans même un regard pour ses sujets.

     

    Lui-même est condamné à chanter pour nous, il ne peut nous voir, se moque de tout.              

    Au milieu de la foule. Presque silencieuse pour lui. Il est condamné à la scène. Perdant toute fierté et valeur il chantait toujours pour nous sa peine familière. Son désarroi et ses actes manqués. Il ne peut voir tout ce qu’il a raté. Tournoyant presque aussi gracieusement qu’une danseuse, il ravale ses sanglots sans le moindre bruit, continuant le show. Laissant les injures effleurés sa peau il se moque des cris déferlant, croyant avoir déjà atteint le fond.

     

    En le voyant si faible, nous crions en cœur : «  allez debout monstre de malheur ! »

    Allongé sur le sol froid d’hiver. Les yeux clos, il paraissait si faible. Son âme de petit garçon envolée, il songe maintenant au fait d’être un homme. Et alors que nous crions son futur, il ne veut rien entendre et préfère écouter son cœur souillé par les humains. Allez debout Homme, laisse toi guider par le vent de tes choix. Les choix ne furent pas les nôtres mais ceux de ces montres. Il marcha hésitant sur les pavés de la honte. Tombant dans les flaques du désarroi. Il avait choisi les portes du malheur.

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 21 Août 2014 à 19:29

    Eh beh... C'est super beau ce que tu nous as écrit là. Triste, mais beau !

    2
    Mercredi 7 Janvier 2015 à 19:13

    Merci bien

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    3
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 22:32

    Je connais cette chanson ! Sous une autre version

    Un texte superbe, comme d'habitude avec toi en même temps ^^

    4
    Samedi 24 Janvier 2015 à 19:39

    Je pense que "d'habitude" convient au passé.

    5
    Dimanche 25 Janvier 2015 à 11:58

    Mais tous tes textes sont superbes :)

    6
    Dimanche 25 Janvier 2015 à 11:59

    Si tu le dis

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